Le gouvernement du Québec, via la Stratégie québécoise de recherche et d'investissement en innovation (SQRI2) 2022-2027 et le Plan directeur sur l'intelligence artificielle en santé 2024-2027, investit activement dans l'adoption éthique de l'IA en santé.
Nuance clinique
L’absence de financement public ciblé crée une inégalité d’accès : les médecins capables de financer eux-mêmes leurs outils IA (pratique privée, contextes urbains avec plus de ressources) adoptent plus rapidement, pendant que des médecins exerçant dans des contextes de pénurie ou de ressources limitées restent en retrait. Cette inégalité d’adoption risque de devenir une inégalité de pratique, et potentiellement une inégalité de soins, si les outils génèrent des gains réels de qualité ou d’efficacité.
Points pratiques
Mécanismes de financement existants (2024-2025) :
- MSSS : appels à projets spécifiques (surveillance, dépistage, gestion de liste) — financement institutionnel, pas individuel
- MEDTEQ+ : consortium industriel-académique, soutient les projets pilotes avec partenaire industriel
- FRQS / FCI : financement de la recherche sur l’IA en santé, pas de l’adoption clinique directe
- GMF — ententes FMOQ : les budgets de fonctionnement GMF peuvent absorber des outils, mais sans ligne spécifique « IA »
- Fédéral (ISDE, IRSC) : programmes de soutien à l’innovation numérique en santé avec volets IA
Ce qui manque :
- Programme de financement direct pour les médecins de famille qui adoptent des scribes IA
- Critères d’homologation des outils IA financés publiquement (en développement, mais non finalisé en 2025)
- Évaluation économique systématique du ROI des outils IA en médecine de première ligne
Implications pour l’adoption :
- Un médecin qui veut adopter un scribe IA supporte généralement le coût lui-même (50-200$/mois selon l’outil)
- Les GMF peuvent négocier des licences groupées — quelques-uns l’ont fait en 2024-2025
- L’enjeu politique : documenter les gains d’efficacité pour convaincre le MSSS de financer à l’échelle